"Qu'allions-nous devenir, nous demandions-nous, dans un pays aussi différent ? "
Nous sommes en 1919.
Un bateau quitte l'Empire du Levant avec à son bord
plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux
Etats-Unis, toutes mariées par procuration.
C'est après une éprouvante traversée
de l'Océan pacifique qu'elles rencontrent pour la première fois à San Francisco
leurs futurs maris.
Celui pour lequel elles ont tout abandonné.
Celui auquel
elles ont tant rêvé.
Celui qui va tant les décevoir.
Celui qui va tant les décevoir.
A la façon d'un choeur
antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées...
Leurs nuits de noces, souvent brutales...
Leurs rudes journées de travail dans les
champs...
Leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue...
La naissance de
leurs enfants...
L'humiliation des Blancs...
Une véritable clameur jusqu'au
silence de la guerre et l'internement dans les camps de concentration ? l'Etat
considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître.
Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.
Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.
" Sur le bateau nous étions presque toutes vierges.
Nous avions de longs cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n’étions pas très grandes.
Certaines d’entre nous n’avaient mangé toute leur vie durant que du gruau de riz et leurs jambes étaient arquées, certaines n’avaient que quatorze ans et c’étaient encore des petites filles.
Certaines venaient de la ville et portaient d’élégants vêtements, mais la plupart d’entre nous venaient de la campagne, et nous portions pour le voyage le même vieux kimono que nous avions toujours porté – hérité de nos sœurs, passé, rapiécé, et bien des fois reteint.
Certaines descendaient des montagnes et n’avaient jamais vu la mer, sauf en image, certaines étaient filles de pêcheur et elles avaient toujours vécu sur le rivage.
Parfois l’océan nous avait pris un frère, un père, ou un fiancé, parfois une personne que nous aimions s’était jetée à l’eau par un triste matin pour nager vers le large, et il était temps pour nous, à présent, de partir à notre tour. "
Lu en
numérique...Merci Sabine

Bonsoir, après avoir lu pas mal de billets favorables sur ce roman, j'ai l'ai lu. Personnellement, je n'ai pas eu le coup de foudre auquel je m'attendais certainement à cause de la narration : le "nous" collectif m'a gênée. http://dasola.canalblog.com/archives/2012/12/29/25920773.html Bonne soirée.
RépondreSupprimerJ'ai lu votre billet avec grand intérêt...un bug a éffacé tous les commentaires de ce billet...beaucoup étaient de votre avis...le "nous" ne m'a gêné nullement...au contraire cela a renforcé mon immersion dans le livre...merci de votre visite...Amicalement...Jack
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